Dispute entre espoir et réalité
Ce soir, j'ai besoin de te parler,
Ô toi, qui ne saurais exister...
Enfin si ! Je te vois :
Tu es derrière moi,
M'enlaçant de tes bras nus,
Me caressant du
Bout de tes lèvres,
Provoquant frisson et fièvre.
Ton torse chaud
Frôlant ma peau,
Ton c½ur me berçant,
Au rythme de ses battements...
Tout ça pour m'enjôler et me dire
D'arrêter là mon désir d'écrire,
Pour satisfaire le sien,
Et peut être générer le mien...
Oui, toi tu existes...
Et trop longue est pour moi la liste
Des formes que tu as pu incarner,
Un être de chair et de sang, à un endroit bien trop concentré...
Non, je veux te parler à TOI,
Toi qui serais là,
Assis paisiblement en face,
Plongé dans quelconque préface
D'un recueil,
Lové dans un douillet fauteuil.
Le plus naturellement du Monde,
Tu me laisserais te tromper avec une blonde :
Ma plume, mon premier amour,
Celle qui m'accompagne différemment chaque jour.
Tu attendrais sereinement,
Que ma muse te rende ton amant.
La veille, nous nous serions promenés,
Nos pensées dirigées vers le ciel étoilé,
Sans mot dire ni échangé,
Notre bonheur aurait transcendé...
Tu incarnerais un délicat passé,
Un merveilleux présent offert
Et un avenir tout entier ouvert...
Mais tout mon malheur se résume à cela :
Non, jamais tu n'existeras...
Tu n'es qu'une chimère,
Qui n'a pour unique but que de me plaire,
De brider et torturer mes sens,
D'effacer la réalité au profit de l'espérance...
Il me faudra me résigner
À accepter qu'aspirations et réalités
Ne peuvent pas être conciliées
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Bluefley